À l’occasion de l’événement de Finovox au Cœur Sacré, trois experts issus de grands groupes - Anne-Lise Escoffre (BNP Paribas), Boujamaa Ettaheri (Solly Azar) et Elodie Foucher (HP) - ont partagé leurs retours d’expérience autour d’un enjeu devenu stratégique : manager des équipes anti-fraude et porter des projets à impact. Pendant une heure, la discussion a permis de croiser les regards entre banque, assurance et industrie, autour de problématiques communes : organisation des équipes, innovation, culture interne et reconnaissance de la fraude comme levier de valeur. On revient sur ces différentes thématiques dans cet article !
Comment structurer et incarner des équipes anti-fraude ?
Derrière la diversité des organisations représentées, Anne-Lise Escoffre (BNP Paribas), Boujamaa Ettaheri (Solly Azar) et Elodie Foucher (HP) sont unanimes : il n’existe pas de modèle unique pour structurer une équipe anti-fraude. Certaines interviennent dans des contextes de fusion ou de rachat, d’autres sont intégrées à des dispositifs plus larges de gestion des risques, parfois même en parallèle d’autres responsabilités.
Dans tous les cas, le rôle du manager est déterminant. Il doit composer avec des environnements exigeants, où la pression opérationnelle est forte et les résultats attendus rapidement.
Comme l’a souligné Boujaama :
« Manager une équipe anti-fraude, c’est jongler entre exigence et engagement. On attend des résultats immédiats, mais il faut aussi donner du sens sur le long terme. »
Cette tension se retrouve notamment dans le recrutement.
La fraude est un domaine aux contours flous, qui mobilise des compétences variées : analytiques, juridiques, opérationnelles. Mais qui peine encore à attirer.
Pour y répondre, les managers misent de plus en plus sur l’humain : formation interne, accompagnement, et surtout valorisation du concret.
Les cas réels jouent ici un rôle clé. Raconter des enquêtes, partager des situations vécues permet de rendre le métier plus tangible et d’ancrer l’engagement des équipes. C’est également l’avis de Nadège Faucher, Directrice des Contrôles et de la Lutte contre la Fraude Externe au sein du groupe Allianz, dans notre podcast Chasseurs de fraude.
Filiale ou maison mère : des dynamiques différentes, des enjeux communs
Les échanges ont également mis en lumière les différences entre les types d’organisations.
En maison mère, les projets anti-fraude s’inscrivent dans des cadres structurés, avec des processus souvent plus longs mais avec une vision dite globale.
En filiale, les décisions peuvent être plus rapides mais nécessitent davantage d’adaptation.
Pour autant, les facteurs de réussite restent similaires. Il s’agit avant tout de savoir embarquer les parties prenantes, de démontrer rapidement la valeur des projets et de les adapter aux réalités du terrain.
Anna-Lise résume ainsi cette nécessité d’équilibre :
« Peu importe la structure, un projet anti-fraude ne fonctionne que s’il est compris et porté pleinement par tous les profils. »
Comment innover dans le secteur de l’anti-fraude ?
Lorsqu’on évoque l’innovation en matière de fraude, la technologie vient souvent en premier. Pourtant, les discussions ont montré que l’innovation va bien au-delà des outils.
Elle repose aussi sur la transformation des processus, sur une meilleure collaboration entre équipes (notamment avec la compliance) et sur une évolution du positionnement même de la fraude dans l’entreprise.
De plus en plus, les directions prennent conscience que la lutte contre la fraude contribue directement à des enjeux clés : protection de la marque, maîtrise des risques, optimisation des opérations. Mais aussi, plus indirectement, à la création de valeur.
« La fraude n’est pas qu’un sujet de pertes évitées. C’est aussi un sujet d’image, de confiance et de performance globale. »
Démontrer le ROI reste un exercice complexe, car il dépasse souvent les gains financiers immédiats. Il s’agit de rendre visibles des impacts plus diffus, mais tout aussi stratégiques.
Diffuser une culture fraude : le rôle clé des ambassadeurs internes
Un autre point fort de la table ronde concerne la diffusion de la culture fraude. Tous les intervenants s’accordent sur un principe : une équipe dédiée ne suffit pas.
Pour être efficace, la lutte contre la fraude doit s’inscrire dans une dynamique collective, portée par l’ensemble des collaborateurs. Cela passe par des actions de sensibilisation, mais aussi par l’identification de relais internes capables d’incarner ces enjeux au quotidien.
Ces “ambassadeurs fraude” jouent un rôle essentiel. Ils permettent de diffuser les bons réflexes, de relayer les messages et d’ancrer progressivement une culture commune.
Comme cela a été souligné :
« On ne peut pas être partout. La clé, c’est de créer des relais qui portent le sujet au plus près du terrain. »
La fraude comme levier stratégique
Cette table ronde met en évidence une évolution majeure : la fraude change de statut dans les organisations. Longtemps perçue comme une fonction support, elle tend aujourd’hui à devenir un sujet stratégique, au croisement des enjeux financiers, opérationnels et réputationnels.
Ce changement de regard repose en grande partie sur la capacité des équipes à démontrer leur impact mais aussi à transformer leur manière de travailler. Elles intègrent aujourd’hui davantage de pédagogie et d’innovation.
Et lorsqu’il s’agit de résumer ce qui les rend le plus fiers aujourd’hui, les intervenants évoquent avant tout l’impact concret de leurs actions :
« Ce qui me rend fière, c’est de voir que la fraude n’est plus subie, que l’on peut la détecter. » déclare Elodie Foucher du groupe HP.
Une ambition qui reflète bien l’enjeu actuel : faire de la lutte contre la fraude non seulement une nécessité, mais un véritable moteur de performance durable.
Face à ces enjeux, une question se pose : comment outiller concrètement les équipes pour gagner en efficacité et en impact ? Finovox apporte une réponse avec un logiciel de vérification documentaire conçu pour détecter tout type de fraude et sécuriser les processus métiers. Si vous souhaitez en savoir plus sur la solution, n’hésitez pas à demander à l’un de nos experts.
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