Pierre Garonnaire : KYC et fraude documentaire chez Mym

Dans un épisode du podcast Chasseur de fraude de Finovox, Pierre Garonnaire, co-fondateur de MYM, a partagé un retour d’expérience particulièrement éclairant sur la manière dont la plateforme structure son KYC et ses dispositifs anti-fraude. Retour sur cette interview exclusive !

MYM : une plateforme de contenus exposée à la fraude 

MYM est une plateforme de contenu qui permet aux créateurs de monétiser directement leur audience, sans modèle publicitaire.
Ce positionnement implique des responsabilités comme la vérification des créateurs, la protection des utilisateurs ou encore la sécurisation des paiements.

Comme l’explique Pierre Garonnaire, la question de la fraude s’est imposée très tôt :

“On s’est tout de suite dit qu’on ne pouvait pas virer de l’argent à des gens qu’on ne connaît pas.”

Bien avant les obligations réglementaires, MYM a fait le choix d’intégrer des contrôles stricts par pragmatisme opérationnel.

Le KYC comme socle de la lutte anti-fraude

Chez MYM, le KYC n’est pas une simple formalité administrative. Il constitue le socle de la lutte contre la fraude à l’identité et de la fraude documentaire.

Dès les débuts, les équipes ont mis en place un processus rigoureux :

  • La collecte des pièces d’identité des utilisateurs et créateurs de contenus 
  • Un selfie qui permet de vérifier la correspondance de l’individu avec la carte d’identité fournie 
  • La vérification des coordonnées bancaires
  • Le rapprochement entre l'identité déclarée, le RIB et le contenu publié sur la plateforme 

Comme l’explique Pierre Garonnaire : 

“Le RIB, l’identité déclarative et le profil du créateur doivent concorder.”

Cette approche permet de limiter les risques d’usurpation d’identité, de comptes frauduleux ou encore de créateurs mineurs.

Pour aller plus loin : KYC et plateformes de contenus pour adultes : enjeux et obligations 

Comment renforcer les contrôles face à la fraude documentaire ?

Avec la croissance de MYM et son ouverture à l’international, les limites du contrôle humain sont vite apparues. Vérifier des documents issus de multiples pays devient complexe.

Pierre Garonnaire souligne ce point :

“Sur certaines pièces étrangères, l’œil humain n’est plus capable de dire si un document est vrai ou falsifié.”

Dans ce contexte, MYM a progressivement renforcé ses outils en s’appuyant sur des solutions spécialisées de détection de fraude documentaire. L’objectif ? Analyser les documents à grande échelle, identifier les incohérences invisibles et fiabiliser les décisions KYC, sans alourdir les parcours des utilisateurs ! 

Des solutions d’anti-fraude comme Finovox s’inscrivent précisément dans cette logique : apporter une vérification documentaire avancée, complémentaire aux process internes, pour mieux détecter les tentatives de fraude. 

Comment inscrire les contrôles KYC dans la durée ? 

L’un des enseignements du podcast est que le KYC ne peut pas être figé. Chez MYM, les vérifications documentaires sont en continu, sous trois points clés :

  1. Une nouvelle vérification après un certain seuil de revenus des créateurs de contenus
  2. Des contrôles renforcés en cas de comportement suspect (des schémas de paiements anormaux, des pics de revenus soudains et atypiques ou encore des incohérences entre l’identité du créateur et l’activité réelle)
  3. Des demandes de documents supplémentaires si nécessaire 
“On a détecté trop de tentatives de fraude qui nous ont obligés à être encore plus rigoureux.” explique Pierre Garonnaire 

Qu’en est-il de la fraude financière et du blanchiment sur une plateforme de contenus monétisée ?

Au-delà de l’identité, MYM est confrontée à des schémas de fraude financière classiques dans les plateformes de paiement. 

On retrouve, par exemple, de l’auto-paiement via cartes volées, des abus de remboursements et même des tentatives de blanchiment en utilisant le rôle de créateur.

Ce dernier point est la forme la plus structurée et la plus risquée juridiquement. Comment fonctionne-t-elle ? Des fraudeurs peuvent utiliser le rôle de créateur pour transformer des fonds d’origine frauduleuse en revenus apparemment légitimes. L’argent ressort alors comme un gain de création de contenu ce qui rend le blanchiment plus difficile à détecter.

La collaboration étroite avec les prestataires de paiement et l’analyse croisée des signaux (IP, comportements, récurrences) sont essentielles pour contenir ces risques.

Lutte anti-fraude : peut-on aller vers une désanonymisation ?

À plus long terme, Pierre Garonnaire défend une position assumée : réduire l’anonymat en ligne pour restaurer la confiance et limiter les comportements abusifs. 

Selon lui, la possibilité pour une plateforme de certifier réellement l’identité de ses utilisateurs constitue un puissant levier de dissuasion.

“Le jour où il y aura une identité vérifiée derrière chaque pseudo, les comportements ne seront plus les mêmes.”

Dans un contexte marqué par le Digital Services Act (DSA), l’émergence du passeport européen d’identité numérique et des exigences liées à la protection des mineurs, cette réflexion dépasse le cadre de MYM.

Bon à savoir : 

Le Digital Service Act (DSA) est un règlement qui vise à mieux encadrer l'activité des plateformes en ligne. Depuis le 17 février 2024, il s’applique à l’ensemble des services numériques.

Vous avez envie d’en apprendre davantage sur ce sujet ? N’hésitez pas à écouter l’interview complète de Pierre Garonnaire, disponible sur toutes les plateformes d’écoute. 

J’écoute l’interview de Pierre Garonnaire 

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