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Les conséquences de la fraude en affacturage : cas d’URICA

L'entreprise URICA a subi une fraude à 9 millions d'euros. Quelles en ont été les conséquences ? Réponses avec Jean-Claude Marie.

Cet article prend son essence dans le webinaire que nous avons réalisé avec Jean Claude Marie, spécialiste du domaine de l’affacturage et ancien directeur commercial d’URICA.


Afin de mieux comprendre les enjeux de cet article, il est important de redéfinir l’affacturage.

L’affacturage est une technique de financement et de recouvrement de créances, permettant aux entreprises d’obtenir un financement anticipé et ainsi sous-traiter la gestion de leur facture à un organisme de crédit spécialisé.

Cela permet notamment aux entreprises de ne pas avoir de retard de trésorerie ou de ne pas rester avec des impayés trop longtemps, ce qui pourrait être bloquant dans le déroulé de leurs activités.

Retour d’expérience URICA

Qu’est ce qu’URICA ?

URICA est une ancienne société d’affacturage. Basée à Londres, URICA avait pour mission de procéder au paiement de factures de différents comptes basés en France et en Angleterre.

Créée en 2014 en Angleterre, URICA s’installe en 2016 en France mais sera dans l’obligation de cesser ses activités en France à l’été 2018 en raison d’un cas de fraude trop important. Si URICA était considérée comme une Fintech, elle n’en restait pas moins solide sur le marché notamment grâce à son partenariat avec Euler Hermès, nouvellement Allianz Trade.

Quelle fraude a eu lieu et quel est le préjudice lié ?

La fraude perpétrée à l’encontre de la société d’affacturage a été réalisée par un chef d’entreprise dans le domaine agricole par le biais d’une société achetant et vendant des intrants aux agriculteurs. Son activité se fait par le biais de trois entreprises, toutes spécialisées dans les travaux agricoles.

La fraude a été réalisée par le biais de fausses factures.

En premier lieu, les factures transmises à URICA étaient des vraies, afin de rassurer la société d’affacturage. Une partie des factures était honorée, toutefois, une autre ne l’était pas entraînant ainsi un réel manque à gagner pour la société d’affacturage. La fraude était rondement menée car en supplément des fausses factures, le fraudeur avait établi, avec son expert-comptable, une double comptabilité afin de justifier et de maquiller les justificatifs.

Plus de 300 fausses factures ont été éditées dont 172 pour URICA. La fraude générée est de plus de 9 millions d’euros. Un autre acteur qu’URICA était impliqué dans cette fraude : Eurofactor, filière de l’affacturage du Crédit Agricole.

La fraude était donc globale et les factures étaient de plusieurs centaines de milliers d’euros. Le préjudice de la fraude fut d’autant plus important qu’elle entraîna la faillite d’URICA. En effet, l’entreprise n’a pu se relever de cette fraude et a ainsi dû fermer sa filiale française.

Tout a commencé normalement, les créances étaient payées. Petit à petit l’encours est monté et on s’est aperçu qu’il y avait un problème car ce sont eux qui nous payaient les créances. Quand la facture devait faire 50 000 euros, il nous en facturait 150 ou 200 000 euros.”.

Jean-Claude MARIE, spécialiste du domaine de l’affacturage et ancien directeur commercial d’URICA

Verdict de la procédure juridique :

Le dirigeant a été condamné à  2 ans de prison et à une amende. L’expert comptable a écopé d’une interdiction d’exercer.

Après avoir étudié en profondeur le cas d’URICA, nous passerons plus rapidement sur deux types de fraude : la fraude des Champagne Bricout et la fraude Smart Tréso.

Et si on parlait d’autres fraudes ?

La fraude Champagne Bricout impliquait également le dirigeant de l’entreprise concernée par la fraude. Un système de fausses factures avait été réalisé dans le but d’éviter la perte du domaine et du château. Les employés étaient contraints d’éditer de fausses factures par leur employeur. Cette procédure a généré de nombreuses plaintes, obligeant ainsi le parquet à ouvrir une instruction.

La fraude Champagne Bricout a dépassé les frontières françaises étant donné le lien avec une entreprise luxembourgeoise mais également avec la Holding l’ayant racheté aux Etats-Unis. La fraude documentaire a entraîné de nombreuses pertes, également pour les 90 employés de l’entreprise Champagne Bricout. Nous dédierons un article entier à cette fraude complexe mais aux nombreuses retombées.

La fraude Smart Treso est quant à elle dû à un financement par titrisation.

La titrisation est le fait de transférer à des investisseurs des actifs financiers comme des créances en les transformant à travers une société en titres financiers. Dans le cas de Smart Treso, il s’agissait de restituer des anciens marchés publics en nouveaux marchés afin d’obtenir des financements. De faux documents étaient ainsi créés pour justifier.

Le domaine de l’affacturage a démontré à de nombreuses reprises sa vulnérabilité face à la fraude documentaire. Il est donc indispensable pour les entreprises d’affacturage de trouver un moyen de prévenir cette fraude.

Comment se prémunir contre la fraude ?

Il existe de nombreux moyens de se prémunir contre ces types de fraudes. Il est indispensable d’utiliser ces différents moyens afin de garantir le moins de fraudes possible.

Former les équipes sur l’anti-fraude.

Le premier moyen reste aujourd’hui la formation et la transmission de bonnes pratiques. En effet, avant de pouvoir lutter contre la fraude, il est indispensable de la connaître et de la comprendre.

Concernant la formation, de nombreux acteurs proposent aujourd’hui des formations selon les secteurs d’activité. Dans le domaine de l’assurance, on retrouve notamment l’ALFA, comme principal acteur de formation ou la DFCG dans le domaine bancaire/affacturage.

La formation est généralement complétée par la transmission de bonnes pratiques. En effet, il est nécessaire de proposer des formations pratiques, au-delà du théorique, afin d’aider la mise en place sur le terrain ensuite.

Réaliser des enquêtes pour lutter contre la fraude

Le second moyen est la réalisation d’enquêtes. Dans ce cas précis, il s’agit de déployer un service au sein de l’entreprise, ayant pour mission de réaliser des enquêtes. Ce service peut être soutenu par des logiciels afin de se concentrer uniquement sur les tâches à haute valeur ajoutée pour les collaborateurs de l’entreprise.

Les entreprises de KYC ( Know Your Customer )

Les entreprises de KYC permettent de savoir si un utilisateur est existant ou non. En effet, elles ont pour mission de rechercher si le client existe sur les réseaux sociaux, si il a bien un compte en banque ou encore si il existe dans les pages jaunes etc…

La solution Finovox

Finovox est une solution de détection de faux documents. Notre solution vous permet d’analyser en moins de 5 secondes l’ensemble de vos documents et ensuite de les investiguer : zoning 3D, comparaison de versions, analyse de la structure documentaire du document, modification des polices etc. La solution Finovox est votre meilleur atout pour lutter contre la fraude documentaire au sein de votre entreprise !

Le conseil de la Fin’Equipe :

Il est indispensable d’allier plusieurs solutions afin de lutter efficacement contre la fraude documentaire. Le cas d’Urica n’est pas un cas à part. En effet, si nous avons étudié ce dernier en profondeur, il est loin d’être isolé. La fraude représente plus de 42 milliards de pertes par an, un montant significatif que nous nous devons de prendre en compte dans sa globalité.

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